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29/10/2013

D'après un sondage commandé par le parti socialiste, 35 % des Audois prêts à voter front national aux prochaines élections ! Avec tous nos compliments, monsieur Dupré !

Front National.jpg
Journal L'Indépendant
Photographie Claude Boyer

Selon un sondage confidentiel réalisé à la demande de la fédération de l'Aude du PS, plus d'un tiers des Audois jugent "possible de voter à l'avenir pour le Front National".

Marine Le Pen en deuxième position au premier tour de la présidentielle 2012, Robert Morio en duel avec Jean-Claude Pérez aux législatives qui ont suivi : la montée du vote Front National dans le département de l'Aude lors des derniers scrutins nationaux a sérieusement fait réfléchir la fédération de l'Aude du Parti Socialiste. Surtout qu'elle venait s'ajouter aux résultats des cantonales de 2011, où le FN s'était retrouvé au second tour dans cinq cantons audois.

C'est ainsi qu'en juin dernier, un panel de 5 à 600 Audois a été établi par un institut de sondage de la région, et plusieurs questions ont été soumises. "Il y avait un vrai enjeu démocratique et républicain. Nous voulions comprendre et analyser les évolutions de l'électorat du département, et tenter de savoir pourquoi certains étaient enclins à adopter des positions extrêmes", explique Éric Andrieu, premier secrétaire de la fédération socialiste de l'Aude. Il n'en dira pas plus.

Voici les grandes tendances de ce sondage, que L'Indépendant a pu recouper.

1 Le poids électoral.

A neuf mois des municipales, 15 % des sondés déclaraient qu'ils voteraient FN aux prochaines municipales. Mais 35% d'entre eux disaient qu'il était "possible qu'ils votent à l'avenir pour le Front National". De son côté, le PS est à un niveau de 33% d'intentions de vote.

2 Par tranches d'âge.

Pour toutes les tranches comprises entre 18 et 60 ans, la "possibilité de voter FN" monte jusqu'à 40%. Mais elle redescend en-dessous de 30% pour les plus de 60 ans, tranche très représentée dans l'Aude, ce qui permet d'infléchir le chiffre global (35 %). Concernant les jeunes, les deux-tiers des titulaires de baccalauréats professionnels estiment "possible" un vote FN, tandis qu'ils sont seulement un tiers parmi les bacheliers des filières générales.

3 Par catégories socio-professionnelles.

L'intention ou la possibilité du vote Front National sont les plus fortes dans les catégories de la population qui se sentent les plus fragiles sur le plan économique. Parmi les ouvriers, la possibilité du bulletin FN atteint même les 50 %, notamment chez ceux qui ont voté François Hollande aux dernières présidentielles.

Chez les jeunes, ce sont les moins diplômés qui sont le plus tentés par le vote d'extrême-droite. Le PS, en revanche, garde la main chez les agriculteurs, chez les cadres salariés moyens et supérieurs, et plus globalement chez les personnes "à trajectoire sociale ascendante", souligné l'étude qui accompagne le sondage.

4 La répartition géographique.

L'intention de vote Front National est très forte sur le littoral audois (40%) ainsi que dans les zones autour des villes, le périurbain (34%). Le rural et les villes du département échappent à cette tendance et le vote FN y est plus limité sauf ... à Carcassonne. Selon ce sondage, en intentions de vote, le PS demeure premier, mais il est talonné par le FN, au détriment de l'UMP.

Un dossier complet à lire dans nos aditions papier de l'Aude. 

PS/FN : deux stratégies sur le terrain

Le FN jouera l'étiquette, le PS tentera de remobiliser les "siens". Les marchés, le porte-à-porte systématique, Robert Morio n'y croit pas. Si les militants FN sacrifieront certainement à cette tradition électorale pour les municipales, leur stratégie consistera surtout à "boîter". "C'est un exercice que j'aime particulièrement. Et cette année, l'augmentation du nombre de militants (lire en page précédente) permettra de mieux couvrir les communes concernées", confie le secrétaire départemental du FN de l'Aude, pour qui la quantité de personnes contactées par le biais des tracts déposés dans les boîtes aux lettres compte plus que la qualité du dialogue avec les gens. Dialogue qui n'est pas toujours simple, d'ailleurs, pour un parti qui voit souvent les portes se fermer à l'annonce de l'étiquette du visiteur.

71% d'opinions favorables pour les sortants

Au PS, l'enquête sur le vote FN a été dans un premier temps partagée avec les responsables et évoquée dans les sections. Elle contient toutefois un chiffre qui a passé du baume au cœur du parti majoritaire : 71 % des sondés auraient déclaré avoir "une opinion favorable de leur maire" et 7 % seulement un "jugement négatif". Cela ne signifie pas pour autant que les sortants (majoritairement socialistes dans l'Aude) puissent dormir tranquilles.

La flamme, le poing et la rose

"Il faut aller chercher notre électorat", se sont entendus dire plusieurs responsables de sections socialistes, notamment sur le littoral et dans les zones périurbaines. Réinvestir des associations d'éducation populaire (sur lesquelles le PS a souvent bâti sa force dans l'Aude), aller vers les jeunes et les nouveaux arrivants, aller aussi vers ces habitants des villages dortoirs, chassés des villes par le prix du foncier ou des impôts locaux, et qu'un basculement vers la précarité pousse vers le vote extrême : tels sont les éléments de la feuille de route des militants PS dans les prochains mois. Sachant que le "poing et la rose", aujourd'hui, n'ouvre guère plus de portes que la "flamme". Peut-être moins, dans certains secteurs. Eric Andrieu (PS) et Robert Morio (FN).

Journal L'Indépendant
Edition du 28 octobre 2013
Laurent Rouquette.

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