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29/04/2013

La coupable inaction de Jean-Paul Dupré, président national des missions locales pour l'emploi : 5 millions de chômeurs de notre pays, inscrits aujourd'hui à Pôle emploi !

ll n’y a jamais eu autant de chômeurs en France !

Les chiffres du chômage du mois de mars, publiés jeudi 25 avril par le ministère du travail, confirment ce que l'on pressentait : le record du nombre de demandeurs d'emploi, qui datait jusqu'ici de janvier 1997, a été dépassé. 3 224 600 personnes sont désormais inscrites en catégorie A (aucune activité au cours du mois), contre 3 195 500 début 1997.

Si l'on inclut les demandeurs d'emploi ayant eu une activité réduite (catégories B et C), la France passe en mars le terrible cap des 5 millions d'inscrits à Pôle emploi (4,7 millions sur la seule métropole).

La hausse au mois de mars a de plus été particulièrement forte. En comptant les DOM, le nombre de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) a bondi de 38 800 personnes. Sur un an, la hausse est de près de 350 000 chômeurs (+ 11,1 %), soit près de 1 000 demandeurs d'emplois supplémentaires par jour.

"Le taux de chômage (10,2 % de la population active fin 2012), en augmentation, reste inférieur au record de 1997 (10,8 %)", tente de rassurer le ministère du travail dans son communiqué. Entre 1997 et 2013, la population active française a en effet fortement progressé, ce qui permet à l'économie d'afficher un taux de chômage pour l'instant un peu meilleur qu'à la fin des années 1990.

Reste que tous les indicateurs sont au rouge. Les moins de 25 ans et les plus de 50 ans sont durement touchés avec une hausse en mars de 1,3 % chacun. Le chômage de longue durée explosé avec 15 % de chômeurs inscrits depuis plus d'un an en plus depuis mars 2012.  Pour les chômeurs de très longue durée (plus de trois ans d'inscriptions), la hausse est de 18,2 % sur un an. Logiquement, le nombre d'inscrits à Pôle emploi bénéficiaires du RSA bondit de 13,5 % en un an.

La forte hausse de mars est d'abord due à une chute des reprises d'emploi déclarées de près de 4 % en un mois. Le nombre d'offres d'emploi collectées par Pôle emploi a d'ailleurs reculé de 6 % en mars par rapport à février. Associée à une très forte baisse non expliquée des cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation, elle amène à une baisse de 3,7 % des sorties de liste. En parallèle, les nouvelles inscriptions à Pôle emploi reculent, mais moins fortement (- 2,4 %). Les inscriptions sur les listes pour licenciement économique progressent de 1,5 %, tout en restant extrêmement marginales (moins de 3 % des motifs d'inscription). La timide baisse des fins de CDD et de missions d'interim ne contrebalance pas leur ampleur.

Face à ces chiffres catastrophiques, la stratégie du gouvernement est de promouvoir les outils qu'il a mis en place. "Tous les leviers de la politique de l’emploi sont désormais opérationnels : emplois d’avenir, contrat de génération, sécurisation de l’emploi. Leur montée en puissance au cours des prochains mois est désormais l’enjeu majeur pour tous les acteurs de terrain", explique le ministère. Reste à savoir s'ils vont un jour porter leur fruit.

Journal Le Monde
Edition du jeudi 25 avril 2013
Jean-Baptiste Chostand